argument

Les oiseaux du printemps occupent une place à part dans l’imaginaire de la Renaissance. L’hirondelle, l’alouette, le rossignol, la tourterelle, la grue et le canard y chantent l’art d’aimer, inspirant ou raillant le poète amoureux, quand ce n’est pas Amour en personne qui prend les traits d’un très gros oiseau…

Et lorsque l’hiver s’installe, et que se profilent la vieillesse et la mort, ce sont le cygne, puis le mystérieux phénix qui élèvent leur chant. Parfois aussi, ce sont les vers eux-mêmes qui se voient doter d’ailes et partent à la conquête du monde.

C’est ainsi que Pierre de Ronsard, Joachim Du Bellay et Jean-Antoine de Baïf, trois poètes majeurs, tous membres de la Pléiade, entrent en discussion, échangeant odes et sonnets. De quoi parleront-ils, sinon d’amour ?

Au cours de ce spectacle insolite, la viole et la voix se croisent, se toisent, s’apprivoisent et cherchent ensemble toutes les manières, même les plus improbables, de servir poésie et musique, toujours dans l’esprit de ce fascinant xvie siècle où tout ce qui pouvait être expérimenté l’a assurément été.


Le spectacle en trois minutes…

Ce spectacle est né de la conviction partagée qu’il doit être possible d’accompagner aux instruments une déclamation parlée. Il est certes facile de parler sur une musique choisie au hasard, et qui jouera alors le rôle de simple « tapis sonore ». À l’opposé, nous avons cherché à utiliser une musique réalisée ad hoc pour souligner le rythme et accompagner le sens du discours.

Bien connu en Italie où il se trouve associé à la figure d’Orphée, le lirone a certainement traversé les Alpes, comme en témoigne tardivement le père Mersenne : « Or encore que l’on use rarement de cette espèce de Lyre en France, néanmoins elle est excellente avec la voix & il n’y a peut-être nul instrument qui représente si bien la Musique d’Orphée & de l’antiquité ».

Nous faisons le pari qu’un tel instrument a pu servir aux expérimentations des poètes et des musiciens de la Renaissance, dans leur exploration tous azimuts du lyrisme à l’antique.

œuvres

Poèmes de Ronsard

Ode l’Arondelle
Mignonne, allons voir si la rose(Chardavoine)
Que dis-tu, que fais tu, pensive tourterelle ?
Quand vous serez bien vieille
Quand ce beau printemps je vois (Chardavoine)
Amourette
Divin Bellay
Verrai-je point le doux jour qui m’apporte ?
Le soir qu’Amour vous fit en la salle descendre

Poèmes de Du Bellay

Si vous regardez, Madame (Chardavoine)
Complainte du désespéré (Chardavoine)
Divin Ronsard
Je me ferai savant
Maintenant je pardonne
Allez, mes vers
Je vis l’oiseau qui le soleil contemple
Qu’heureux tu es, Baïf !

Poèmes de Baïf

Babillarde aronde, tais-toi
Reveci venir du printemps
Un jeune garçon oiseleur
Je me vois la temple déjà
Rossignol amoureux

Musiques du Sieur de Machy

Prélude non mesuré en ré
Gigue en ré
Allemande en sol
Chaconne en sol

Où, Quand

Théo-Théâtre

20 rue Théodore Deck, 75015 Paris

Mercredi 10 mai 2017, 20h30
Jeudi 11 mai 2017, 19h
Vendredi 12 mai 2017, 21h
Samedi 13 mai 2017, 21h
Dimanche 14 mai 2017, 17h

Réservations : 01 45 54 00 16

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Illustration : Alessandro Allori, Vénus et Cupidon, Musée Fabre de Montpellier

qui

Marie-Françoise Bloch, violiste

Diplômée de la Schola Cantorum de Bâle, Marie-Françoise Bloch est aussi titulaire d’une licence ès lettres classiques, d’une maîtrise de musicologie et du C. A. de musiques anciennes. Elle s’est longtemps produite, tant en France qu’à l’étranger, au sein de l’orchestre baroque La Grande Ecurie et La Chambre du Roi, a créé en 1980 Le Concert Royal, fait partie du Berry Hayward Consort, des Musiciens de Théâtre, de Tirsi e Clori, ensemble de voix et instruments.

Passionnée de recherche, elle s’applique à faire renaître tant la technique que le répertoire de tous les instruments composant la très riche famille des violes de gambe, comme la lyra-viol anglaise, le lirone (grande lyre), indispensable dans les continuos du xviie siècle ou encore la viola bastarda, instrument soliste du seicento, sans oublier la basse de viole à sept cordes, parangon de l’école française. Dans ce contexte, elle a été amenée à travailler pour les éditions Fuzeau et Notissimo (Leduc).

Elle a enseigné la viole de gambe et la musique de chambre baroque dans les conservatoire de Meaux et du Val Maubuée et fondé, avec Isabelle Grellet, metteur en scène, Les leçons baroques, atelier de formations aux arts baroques, alliant théâtre et musique.

Olivier Bettens, récitant

Olivier Bettens est né à Lausanne. Très tôt intéressé par la pratique historiquement informée de la musique ancienne, il entreprend un travail de longue haleine sur l’histoire de la prononciation du français chanté, domaine dans lequel il est fréquemment consulté par des musiciens de premier plan.

Sa réflexion sur la prosodie, tant française que latine, l’amène à concevoir des outils statistiques visant à l’étude rythmique et mélodique des vers mis en musique. On lui doit en particulier des travaux sur le récitatif lulliste, sur le plain-chant français du xviie siècle ainsi que sur la poésie mesurée de Jean-Antoine de Baïf, dont il a réalisé une édition électronique. Il est l’auteur de Chantez-vous français, ouvrage disponible en ligne.

Il contribue actuellement, en tant que collaborateur scientifique et comédien, à un projet international visant à jouer «à l’ancienne» L’École des Femmes de Molière et pratique assidûment la déclamation des poètes du xvie siècle ainsi que, comme chanteur, la polyphonie de la Renaissance.

contact

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